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#Wetoo : Quand les danseuses parlent de sexisme 4/4

Publié le par Ilse GEKHIERE

#Wetoo : Quand les danseuses parlent de sexisme 4/4

Alors, par où commencer ?

Voici cinq propositions, applicables dès maintenant :

 

1. Pour reprendre la célèbre formule de la féministe activiste Flo Kennedy :

« N’agonisons pas, organisons-nous! »

Nous devrions certainement travailler à rendre les inégalités visibles en respectant les quotas, mais nous devrions également apprendre à accorder de la valeur aux problèmes qui ne se traduisent pas nécessairement par des chiffres.

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de ces inégalités, il est nécessaire de donner de l’importance aux témoignages faisant état d’actes discriminatoires.

Ou, pour reprendre Sarah Ahmed « le personnel est structurel (…) Nous avons besoin de structure pour rendre évident le caractère sexiste et racistes de nos structures. » C’est ce que nous proposons de faire ici en reliant le statistique au personnel, et en organisant les histoires personnelles au sein d’une structure. Nous devons recenser un maximum d’histoires de cette nature. À toutes celles et ceux qui veulent contribuer à cette recherche, merci de me contacter à : whentheytalkaboutsexism@gmail.com

2. Nous devons nous servir de nos syndicats et connaître nos droits.

Trop souvent, nous oublions que nos syndicats peuvent apporter plus que le seul soutien aux chercheurs d’emploi. Les syndicats peuvent donner une légitimité à des arguments qui, sans eux, ne seraient tout simplement pas entendus. Non que les syndicats soient par définition des endroits exempts de discrimination, mais ils peuvent en tout cas être un très bon point de départ. En exprimant nos besoins individuels, nous pouvons aider les syndicats à développer des outils spécifiques à notre secteur, comme par exemple en créant des lignes directrices et des contrôles sur l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Les syndicats peuvent devenir des médiateurs importants entre les instituts et les employés.

S’investir dans nos syndicats, s’assurer qu’ils fonctionnent en pleine cohérence avec les besoins de ses membres, pourraient mettre en place les conditions d’une égalité effective et pérenne. Et, en tant que public, nous devrions cesser d’applaudir le sexisme.

3. Informer et évaluer.

J’encourage tous et toutes à s’informer sur les problématiques liées à l’égalité des sexes, sur les notions de pouvoir et de consentement. Aussi évident que cela puisse paraître, je vous encourage à commencer par vous-même. Si vous travaillez au sein d’une institution, profitez de ce climat particulièrement propice et engagez un mouvement de réévaluation structurelle. Vous pouvez aussi vous assurer que vos collègues connaissent les recours possibles en cas de discrimination, et que si elles choisissent de témoigner, elles seront entendues.

4. Zéro tolérance.

Le sexisme et tout autre forme de violence ou de discrimination ne doivent désormais plus être tolérés, quelles que soient les circonstances. La discrimination doit être reconnue et nommée en tant que telle. En tant que danseurs, nous ne devrions plus passer des auditions ou travailler auprès d’artistes ayant des comportements abusifs. Si vous êtes directeur de théâtre, vous pourriez choisir d’arrêter de programmer des œuvres sexistes. En tant que public, nous ne devrions plus applaudir le sexisme. Enfin, la conscience aiguë de ces problématiques devraient être une condition pour recevoir des subsides, et faire ainsi de l’art avec l’argent public. Si nos gouvernements avaient le courage de ne plus soutenir les travaux sexistes, cela ne témoignerait pas simplement d’un engagement civique important, mais aurait également des répercussions sur la circulation de l’argent au sein de notre société.

5. Soutenir la jeune génération.

Il faut casser l’éternel retour de la violence. Nous devons nous unir et nous dresser contre cette culture qui brutalise en particulier la jeunesse. Pour ce qui est des problèmes liés au sexisme, nous appelons par exemple à soutenir et protéger les jeunes femmes au début de leur carrière. Je lance ce message en particulier aux ainées, et de rappeler qu’être victime de sexisme ou d’abus n’est pas un passage obligé dans une trajectoire, et n’est pas la contrepartie nécessaire à une progression artistique. Nous devons tuer ce mythe, une bonne fois pour toutes.

Enfin, aux misogynes et à tous les indignes de notre profession, la honte vous revient. Il est temps de faire amende honorable en laissant sa place à une nouvelle génération d’artistes qui ne considère pas que les violences faites aux femmes soient un moteur à la création. Et, de grâce, faites-vous soigner. Votre présence est toxique. Elle n’est plus acceptable au sein d’une discipline artistique que nous choyons, et aimons profondément.

 

1. Les citations sont extraites d'entretiens.
2. Cet article a été publié d'abord en néerlandais par rektoverso. 
La traduction en français a été faite par Eléonor Valère-Lachky.
3.Read the English version of this article here.
#Wetoo : Quand les danseuses parlent de sexisme 4/4

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